Ailefroide Orientale
Goulotte Emeraude de gauche
le 13 novembre 2006 avec François
"Emeraude de gauche" est la ligne à l'aplomb du nuage vertical, sous le soleil.
3h30 du matin, le réveil sonne et il n’est pas facile de sortir du duvet par ce froid mais avec la journée qui vient, autant ne pas traîner dès le matin. D’autant plus que j’ai bien dormi et je suis en pleine forme. Il n’en ai pas de même pour François qui apparemment à du mal ce matin…
Ptit dèj avalé, on est prêt à 4h10 du matin pour partir à l’assaut d’une goulotte du glacier noir. On verra laquelle une fois là-haut, au pied des grandes faces.
Approche sans anicroches, 2h40 plus tard on pose nos sacs et nos baskés au pied de la face nord de l’Ailefroide. Maintenant il faut choisir la ligne qu’on gravira aujourd’hui. La Pschitt nous tente bien mais les rafales de vents, à nous coucher par terre, nous ont dissuadés de nous engager dans un itinéraire aussi long. En vue d’une grosse baston contre les éléments on choisi donc cette magnifique ligne qui s’offre à nos yeux, d’une pureté extraordinaire : « L’Emeraude de gauche »
Le matin au pied de la goulotte. Levé de soleil grandiose...
François part devant pour la première longueur. Un beau mur assez raide se dresse devant nous avec une glace polystyrène peu protégeable. Quelques rochers émergents laissent l’espoir de placer quelques protections. Après un mauvais friend et un coinceur qui ne tardera pas à glisser le long de la corde, François fait relais sur un bon becquet afin de me faire venir. Je récupère le matos et poursuit au dessus dans des pentes moins raides ou je peux placer quelques broches et protections sur des cailloux de ci de là. François se retrouve rapidement en bout de corde, il part donc à corde tendu et après avoir franchi un petit ressaut bien retord en mixte je le fais venir sur un relais bétons sur deux bons becquets au pieds de la goulotte encaissée.
Il ne fait pas chaud. François repart direct dans la goulotte où la pente se redresse, la ligne s’affine, l’ambiance grandit… Ca grimpe, c’est beau, mais il est toujours aussi difficile de se protéger dans cette glace sans consistance…
François, surmotivé pour mettre à profit son entrainement grimpe
Je le rejoins au relais
Un peu de corde tendue puis François fait relais et me fait venir. Au dessus on aperçoit un beau morceau de goulotte bien encaissée et surtout un beau ressaut raide et pas large. Aller, ce sera pour moi !
Je repars donc dans la goulotte. La pente est soutenue et je ne peux pas vraiment protéger. Il n'y a pas vraiment de glace et le rocher est compact ou branlant... Comme d'hab en montagne, mais là plus que jamais, il ne faut pas tomber!
François part à corde tendue. Moi j'arrive au pied du ressaut. Il est raide et étroit, ça risque d'être baston. Je veux protéger mais la glace est pourri. N'ayant rien d'autre à mettre je pose une broche quand même. A l'attaque du ressaut une écaille me permet de poser un friend mais elle sonne terriblement creux... J'crois qu'faudrait vraiment éviter de tomber dessus...
Le ressaut est en fait un bouchon de neige. Pas de consistance, pas de glace, c'est assez la misère. Finalement ça me permettra de mettre en appplication mes acquis technique de grimpe et ça change du bourrinage, passage finosse et technique oblige. Heureusement que j'avais baaaasé les dragonnes!
Je continue car pas moyen de trouver des rochers pour faire un bon relais et la glace est inbrochable... Mais lorsque je me retrouve presque "à poil" avec plus qu'un friend, une sangle, une broche longue et une courte, je me résoud à faire un relais sur broche. Necessité faisant loi, je trouve même un bon morceau de glace correct pour brocher et je fais venir François. Il repart, fini les quelques mètres de goulotte et gagne les pentes supèrieures de neige... On finira ainsi à corde tendue jusqu'en haut.
Les pentes de neige supèrieure
Et un panorama grandiose...
et enfin le sommet !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Sortir entre le Pic Sans Nom, le Coup de Sabre, l'Ailefroide... c'est INDESCRIPTIBLE ce que l'on peut ressentir! Que c'est beauuuu!!!!!!