Olan
Traversée (arête N + voie Escarra)
avec Damien le 3 septembre 2006
Un certain AlbanK sur les forums de c2c n'arrêtait pas de crier son amour pour cette belle montagne. Je demandais donc régulièrement aux montagnards que je croisais s'il connaissait l'Olan et qu'est ce qu'ils en pensaient. réponse toujours unanime : un sommet imposant d'une ampleur déconcertante avec des itinéraires prestigieux. Rien de plus n'était nécessaire pour m'attirer dans cette vallée reculée de l'Oisans, sauvage et "déserte" ;-) (Pis surtout qu'avec une main en moins je pouvais pas aller envoyer du TD à tire l'arigot (sais pas comment qu'ça s'écrit c't'affaire ;-)))
Après moultes guenillages, fourvoiements et plantages en tous genres pour l'aller en voiture, la résa du refuge etc... On arrive enfin au Desert à 16h samedi aprème. Il fait chaud et c'est dans cette ambiance lourde et humide que l'on prend la direction du refuge de Font-Turbat. 2h30 plus tard et après une montée bavarde comme je sais si bien les faire, on arrive au refuge, assez froidement accueilli par la gardienne qui s'empresse de nous expliquer que " Pas de chaussures dedans, y'a des chaussons là-bas!!" alors qu'on était même pas encore entrés dans le refuge. "Bon, ok, on va pas l'énerver...". On s'empresse donc d'aller enfiler les sabots qui, comme de coutume en refuge attendent sagement les grimpeurs dans le hall d'entrée. Mais là, oh surprise, au lieux d'un étalage de chaussons en plastique kaki, on trouve un magnifique panel de petits chaussons tricotés! C'est ainsi et devant notre réaction plus qu'enthousiaste à la vue de ces petites merveilles que l'on entame conversation avec les gardiens et que commencera une de mes meilleurs soirées en refuge.
Après une brève explication de l'approche par la gardienne on monte au dessus du refuge d'hiver repérer l'itinéraire.

L'approche que l'on devra suivre le lendemain matin
Au retour, les bières que l'on a choisis parmi une carte des boissons 3 fois plus longue qu'au bar de mon village nous attendent, délicieusement accompagnées d'olives vertes, noisettes et pignons de pins. Le refuge et chaleureux et propres, animés par les cris d'un petit perroquet (?) et les baillements d'un gros mattou. Rapidement la salle se rempli avec l'arrivée de 6 randonneurs bien joyeux et 4 autres "alpinistes", l'ambiance est bonne, tout le monde se parle et c'est avec bonne humeur que l'on vide nos bières au rythme des blagues des randonneurs qui n'ont pas vraiment l'air d'être venu là pour randonner...
Au moment de passer à table, la gardienne me dit intriguée:
" - Euuuu, j'ai mis 8 couverts, les 6 randonneurs, votre ami et vous...
- Mais je vous avais bien dit que je prenais la nuitée en hors sac? Seul mon ami prend la demi pension!
- Oui je sais mais comme c'est étrange je vous ai mis un couvert."
Et elle ajoute génée:
"- Vous êtes au régime?
- Non! Bien sur que non! Lui répondis-je. C'est juste que j'ai pas de quoi me payer le repas!
- Ah bon!!! Ben si c'est ça je vous invite!"
Et là, sincèrement, on peut dire sans exagérer que je suis rester sur le cul!
(qui a dit que je n'avais plus de chance cette année ???)
Résultat:
Soupe à l'ortie "maison" et sa crème fraiche
Enormes filets de dindes au citron servis avec son riz au raisins de corinthe et sa sauce aux tomates fraiches et oignons frais, accompagnés d'une poëlée de tomates et poivrons frais revenus à l'huile d'olive....
Reblochon et tome de savoie
Tarte aux myrtilles, Tourte aux poires et gâteau au chocolat, à volonté jusqu'à épuisement des trois desserts....
Le tout évidemment arrosé de bons vins rosé et rouge fraichement tiré du cubi des randonneurs partageant notre table.
Enfin, pour la digestion, nous avons même pu gouter à prune et au cassis, toujours "maison" et cueilli dans la vallée, gracieusement offert par la gardienne à la fin du repas!
Bref un sacré gueuleton fini assez tard et dans une ambiance sublime, comme je les aime. Ensuite, pendant que je recopiais le topo et les explications de la gardienne, Damien est allé aider le gardien à la vaisselle (moi je m'en suis dispensée avec mon gros pansement qu'il ne faut pas mouiller ;-)) puis on a fini par aller rejoindre les "alpinistes" au domaine des songes vers les minuit, sachant que dans 3h30 on allait avoir l'air moins malins...
3h30 le réveil sonne. Après un déjeuné gargantuesque pour se remettre de notre courte nuit sous des couettes douillettes, on prend le chemin du départ, souhaitant bonne nuit aux randonneurs qui allaient se coucher...
L'air est doux, il ne fait pas froid et pour une fois le petit dèj ne me fais pas mal au bide. Faut croire que le jus de framboise artisanale, la confiture de poire-noix, pêche, abricot, myrtille... ne me font pas mal à l'estomac ;-)
On traverse le pierrier et rejoint rapidement une bonne sente qui nous mène au lac des Pissous, puis, par un mauvais éboulis et des vires on gagne la brêche de l'Olan. Là, on traverse pour prendre des vires et par quelques courts passages d'escalade on passe une brêche carrée qui débouche juste au dessus d'une grande diaclase que l'on remontera pour atteindre un grand névé. Le névé contourné par son bord droit, on grimpe un peu au dessus pour basculer sur des vires expos et enfin gagner l'arête au pied de la partie redressée de la voie. La pause s'impose alors afin de faire quelques photos et enfiler les gore-tex car le vent souffle fort... puis c'est avec régale, accompagnés d'un magnifique levé de soleil, que l'on grimpe cette arête mixte en rocher très moyen, platrée par la neige et la glace par endroit.
On aperçoit le refuge en tout en bas là-bas!!!
Et qu'elle est mimi la petite, elle a l'air toute sage! (c'est qu'une impression je vous rassure ;-))
Damien devant le sommet et la partie redressée de l'arête (et les voies de malade derrière lui...)
... du mixte, facile au début (et la brêche de l'Olan, d'où l'on vient, tout là-bas au fond)...

... puis ça se redresse (j'aime!!!)...
Quelque part sur la partie redressée de l'arête
... de la traversée d'arête vertigineuse (raaaahh qu'c'est bon!!)...
... et nous voilà au sommet (Yé yé yé!)!!
9h 30 du matin, on est seul, au sommet de l'Olan, devant un panorama grandiose. Que demander de plus??
Comme quoi, un bon bandage et hop, on peut escalader des montagnes!!
La descente ensuite sera rapide et efficace. Après avoir mangé un bout on gagne l'antécime par un petit rappel suivi d'un peu d'escalade puis on prend la direction de la brêche Escarra en desescaladant l'arête, constituée de rocher sain et magnifique mais vertigineusement effilée (quoi c'est pas français c'que j'dis!?!). Là on croise Paul et Martine trainés par leur guide puis Claude André Monique... bref vous l'aurez compris, toute une collective du CAF que le guidos à du prendre soin de vite semer et qui "gravissent" l'arête à grand coup de hurlement indispensable au bond fonctionnement de la cordée: "sec, du mou, hi, han, relais, non, si...." (ok, j'suis un peu taquine là, mais si peu ;-))
Bref, on s'empresse de les croiser au mieux et au plus vite pour s'éloigner vers la brêche Escarra et la petite desescalade qui s'ensuit pour enfin mettre pied sur le glacier. Il est midi et on chausse les crampons pour traverser le glacier de l'Olan en direction du refuge du même nom.
Damien devant la face que l'on vient de desescalader et le glacier qu'on a traversé,
il fait enfin chaud en face sud! Ca crame même!!
Au départ on avait prévu de revenir par le Pas de l'Olan puis le col de Font-Turbat pour revenir direct à la voiture. Mais là une grande idée m'est passée par la tête et au lieux de la garder sagement pour moi j'ai eu la bonne idée d'en faire part à mon compagnon de cordée :
"-Et si on redescendait à La Chappelle là-bas en bas (on apercevait le village environ 2000m plus bas) et on remonte à la voiture en stop! Au lieu de se faire chier à marcher on se fera chier au bord de la route le pouce tendu!?!"
Mais qu'est ce que j'avais pas dit là... Maintenant impossible de reconvaincre Damien que non, finalement c'était peut être pas une si bonne idée que ça et qu'on aurait plutôt intéret à repasser par le col car le stop pour remonter AU DESERT un dimanche soir ce serait peut être pas évident. Bref la question ne se posait plus, Damien ne voulait plus entendre parler du Col et c'est la direction du refuge de l'Olan qu'on a pris.
Après un petite halte au refuge pour prévenir Font-Turbat qu'ils pouvaient lâcher leur jumelles car ils ne nous reverraient pas, on a pris l'interminablement et sinueux sentier de la Chappelle en Valgaudemard qu'on a rejoint 2h plus tard au prix d'énormes souffrances plantaires et genouillesque (comment ça c'est toujours pas français c'que j'écris !?!) pour arriver conplètement flétri par la chaleur... Heureusement le stop n'a pas été long et on s'est rapidement retrouvés à l'embranchement du Valbonnais sur la Nationale juste avant La Mure. Seulement une fois là, ben ça a pas été la même!!
Pour résumer l'épisode galère que je n'ai qu'une envi: c'est d'oublier, je dirais que quand Damien en a eu marre d'attendre en plein soleil au bord de la route il a décidé de partir à pied vers le Desert. Moi et mon genoux qui avait gonflé de trois volumes, j'ai continué à faire du stop. Evidemment environ une bonne dizaine (voir une vingtaine) de voiture c'est arrêtée mais elles allaient toutes à Grenoble et non au Desert... Déprime total, coup de chaud et soif aïgue se sont succédés au cour de ces quelques heures d'attente. Puis finalement une voiture à fini par m'enmener à Entraigue où, à plus de 20h, je n'ai attendu qu'un quart d'heure avant de voir arriver Damien avec sa voiture, ayant été gentillement transporté par une automobiliste ayant eu pitié de lui :-)). Une bonne binouze et enfin nous avons pris la route de Grenoble où j'étais bien contente de retrouver mon frigos et ses boissons fraîches (et non, pas de l'alcool, non mais!) et surtout sa glace pour soulager mon genou douloureux. Puis apres tout j'allais pas me plaindre, y'en a qui, à cette heure là, n'avaient toujours pas fini http://alpinisme.camptocamp.com/guide.html?reason=sdetail&ids=9130, faut dire qu'ils attaquaient juste la partie redressée de l'arête (à la montée!!) alors que nous étions déjà à la brêche Escarra... Les pauvres... Courageux, quand même!!