Meije
Voie Pierre Alain ou face Sud directe
But avec Flo le 8 Aout 2005

La voie est celle tracée en bleue... (image C2C)

Premier jours, départ de La Grave. On prends le téléphérique jusqu'à la gare intermédiaire. Là on descend, on traverse presque à flan vers la gauche pour aller récupérer la voie des enfetchores de gauches. Une arête facile à remonter puis on prends pieds sur le glacier que l'on remonte à son tour pour arriver au pieds de la brêche de la Meije. Quelques rochets pourris et nous voilà à la brêche. Par une descente rapide d'abord dans du rocher moisi puis par le glacier on arrive rapidement au refuge du promontoire (où l'on rencontre d'ailleurs Aurélien et Thibault, futurs compagnons de cordée).
Deuxième jours, levé à 3h du matin, départ à 4h, on fait quelques dizaines de mètres de rocher au dessus du refuge puis une grande traversée pour aller chercher le rappel nous permettant de prendre pieds sur le glacier qu'il faudra remonter pour arriver à l'attaque de la Pierre-Alain.
Là on rattrape 2 CRS de montagne qui partent dedans devant nous. Auré et Tib arrivent de suite dèrriere. Eux partent dans le dossier du fauteil.
Déjà la première longueur mouillée me parait bien difficile et glissante en grosses et avec une bonne onglée. S'ensuit une traversée puis on gagne le fauteil par un dièdre "facile" dixit le topo, et pourtant moi je le trouve pas si facile....

Je grimpe dans le fauteil, c'est facile mais pourtant j'arrive pas à aller vite. J'ai déjà un peu le bide en vrac, j'ai des plaies énormes aux pieds résultants des ampoules pas cicatrisées de mes précédentes courses, j'ai aussi et toujours le bout des doigts à vif... Oulala ça part déjà trés mal!! Pourtant il faut aller vite, on a prévu de faire la traversée des arête une fois en haut. Du coup on a même pas repéré la descente par la voie normale. Pas tres malin...

A l'horizon le jour se lève mais on est toujours pas bien haut. C'est sur c'est pas aujourd'hui qu'on va péter l'horaire...
Au pieds des difficultés mon états est de pire en pire. Du coup je chausse les chaussons mais c'est pas la forme. Flo passe devant pour poser la corde. Même si on essaye de suivre le topo et qu'on commence par un chemin différent de celui emprunté par les CRS devant nous, on est irrémédiablement attiré par leur trajet et on se retrouve rapidement à galérer derrière eux dans des longueurs super durs...


Flo devant se met des gros combats à chaque longueur, moi je suis de plus en plus malade et incapable de passer davant. On avance pas vite, je vais vraiment pas bien et c'est de plus en plus dur...

Finalement on se rends compte rapidement qu'on est parti trop à droite. On a loupé la traversée qui nous ramène normalement à la fameuse cheminée verte... Le CRS qui mène la cordée de devant (et grimpe tres fort, il passe comme une fleur la où nous nous luttons grave, le deuxième CRS, censé avoir déjà fait la voie jusqu'aux vires du glacier carré reste derrière et apparemment ne s'en souvenais pas trop...) nous cri depuis la longueur suivante qu'il est en train de grimper que "là c'est dur et pas protégeable". Vu comme on a déjà galéré dans les longueur en dessous (et donc à priori facile pour lui), on se dit qu'on va peut être pas s'engager là dedans. Il est 10h45, on ne sait pas trop où on est dans la face et trois propositions s'offrent à nous:
- Continuer derrière eux et tenter d'aller en haut puis soit traverser soit redescendre par la voie normal mais vu l'heure ça semble un gros pari pour nous et notre petit niveau, surtout étant donné que je suis malade comme un chien. De plus on a pas trop d'équipement (pas de doudoune) alors l'hypothèse du bivouac improvisé me tente moyen...
- Redescendre pour essayer de retrouver le bon itinéraire mais vu l'heure qu'il est et l'état dans lequel je suis, on a peu de chance de sortir dans le timing. Même problème que ci-dessus...
- Enfin redescendre tout cour. Surtout que j'ai pas pas envi de faire la Pierre-Alain en second de cordée moa!!! Le jour ou je la ferai ce sera en reversible!!! Et aujourd'hui, dans mon état, il n'est pas possible que je passe devant...
Résultat : on décide de redescendre.
Un dernier coup d'oeil à la vue...
Un petit gateau pour essayer de reprendre des forces...
et on entame la descente. Au début on trouve facilement de mauvais relais même s'ils sont galères à relier car demande de grande traversée... Puis ensuite la descente devient vite un gros calvaire. Evidemment on avait pas de matos, et on ne voulait surtout rien laisser. Résultat : on tappe des rappels sur blocs et coince quasi systématiquement la corde. Faut remonter décoincer la corde, desescalader... C'est épuisant et long. Du coup on se retrouve sous le glacier carré à point d'heure et avec le soleil ça purge, ça parpine, c'est la guerre des étoiles autour de nous; ça tombe de tous les cotés. Vraiment y'a des moments ou on se demande ce qu'on fait là. Au moins y'a des erreurs que je ne referais jamais plus...
18h, on met enfin pieds sur le glacier. Une dernière chutte de pierre nous manque de peu alors on essaye de trainer le moins possible et on descend à toute allure pour enfin s'éloigner de cette parois infernale...
En bas du glacier on se retrouve comme des c.... Qu'est ce qu'on fait maintenant?? Ben on va pas remonter à la brêche puis descendre jusqu'a la Grave à pieds?!? Moi je me tords toujours de douleur tellement les maux de ventres sont insupportables. On décide donc de prendre le chemin de descente le plus facile: on part en direction de la Bérarde.
21h, on arrive enfin à la Bérarde apres s'être arrêtés au Chatelleret pour qu'ils préviennent l'Aigle qu'on y passerait pas... Maintenant il faut trouver un moyen pour rentrer récupérer la voiture à La Grave. On accoste tous les gens qui passent par là mais personne ne peu nous aider. Enfin un couple de randonneur à pied descendant à Grenoble acceptent de nous poser à l'embranchement de la route au dessus de Bourg d'Oisans.
Minuit nous sommes toujours en train de faire du stop à l'embranchement de la route qui remonte vers La Grave. Là un gars passe avec un utilitaire. Il n'a pas l'air net (même assez bourré) et nous propose de nous remonter. On a qu'une envi, c'est de se rentrer et ne pas dormir là au bord de la route. On accepte donc (la fatigue + la maladie je crois que j'étais vraiment plus lucide; Flo, lui, n'a jamais peur de rien...). Vers 1h du mat on est à La Grave et se rentre sur Grenoble. Là Flo récupère sa caisse et par à Lyon, moi je me rentre dans la drôme... et apprends le lendemain qu'il s'est planté en voiture en rentrant. Il s'est endormi mais heureusement n'est pas blessé. Qu'est ce qu'on est con parfois, on aurait vraiment du dormir sur place....
Bref, une experience pleiiiine d'apprentissages sur pleins pleins de points. De la préparation de la course, à la gestion de celle-ci et même à la gestion du retour...; Vraiment desfois on est con. L'important c'est ensuite d'analyser ses erreurs pour en tirer parti et ne surtout pas les reproduir mais je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir d'avoir été aussi stupide sur tant de points... Enfin à chacun de vivre ses experiences et d'en tirer ses propres conclusions. Je vous laisses vous faire les votres quant à cette aventures qui aurait pu mal finir... en tous cas moi je me suis fait les miennes!! Y'a de nombreuses erreurs que je ne referais jamais plus!