Ou la voie démente !!!
Même si je n'ai pas grimpé depuis un moment, la grande voie de la veille, que dis-je,
l'aventure de la veille (c'est pas tout les
jours qu'on s'embarque dans une grande voie inconnue, avec un compagnon de cordée pas plus connu, et juste une corde d'attache...) m'a vraiment emballée et motivée à grimper. Parfois il faut
savoir laisser faire le destin...
Ainsi je me laisse facilement embarquée dans cette nouvelle "aventure" que me propose Nico : aller faire "Dernier envol" le lendemain à Archiane : 250 mètres d'ED+ avec juste une corde d'attache
de 60 mètres (on a pas de rappel !) bien qu'ils soient annoncés des orages... et ce alors que je n'ai pas fait de 6b ou plus depuis 3 mois au moins !! Mais Nico est motivé pour deux, et moi pour
1 et demi au moins, alors avec toute cette motivation on va bien y arriver !
Dans la soirée le destin refait des siennes en nous apportant Guillaume (et sont rappel, ouf c'est déjà ça), lui aussi chaud bouillant pour aller envoyer à Archiane. Si avec toute cette
motivation on sort pas.... pas possible, on sortira !
Lundi matin nous voilà donc les 3 compères partis en direction du Grand couloir Est. L'approche est vite avalée, tout en papotant, sans même un fourvoyage ! (ça a bien faillit mais non !). A un
moment je leur dit "je pense que l'attaque doit être par là" et il suffit de lever les yeux pour apercevoir les spits... Mais que se passe-t-il? Si ça continue la vierge va apparaître !! ;-)
;-)
On s'équipe donc et la négociation pour le partage des longueurs commence. Bon, déjà c'est sur, c'est Nico qui fera les 2 longueurs "dures". Moi je ferais bien la première longueur et donc la
deuxième, question commodité (comme il va falloir changer l'encordement à chaque changement de leader). Guillaume ferait ainsi les 2 autres longueurs "faciles" soit L4 et L6. Ca semble tout bon !
Sauf que Nico avait repéré cette voie en passant devant et en bavant sur cette fameuse première longueur en rocher rouge... Une négociation ardue s'engage donc et finalement, malgré le soutien de
Guillaume, je ne pourrais que céder devant les yeux pétillants de Nico parlant de cette longueur qui lui fait tant envi depuis si longtemps. Moi s'il ne me l'avait pas proposé, je ne
serai pas là à faire cette voie aujourd'hui. Je ne peux donc qu'accepter...
Ainsi Nico part devant et quand je le vois monter sur cette écaille en rocher douteux pour aller clipper le premier point toulao, je me dit que ce n'était peut être pas une si mauvaise idée de
lui laisser...
Finalement, même en second, je me ferais bien plaisir . Puis avec la grande traversée au départ premier ou second même combat, donc pas de regrets. Seule la fin est dans l'axe et le devers me
tirant sur les bras, j'ai certainement bien fait de ne pas aller me dauber à l'échauffe. En moul' c'est quand même beaucoup plus détendue....
Malheureusement ce que je redoutais arriva. A la seconde longueur quand je voulu partir devant le moral n'y était plus. On était déjà plein gaz et il fallait rejoindre le pilier par un pas très
finosse, au niveau du spit mais sans pouvoir le mousquetonner... ambiance ambiance, moral et posage de pieds nécessaire, ce fut la retraite pour moi et c'est finalement Nico qui reparti poser la
corde. (M'enfin mes compagnons étaient d'accord pour dire que le pas était plus que le 6a+ annoncé. Vérité ou pure gentillesse ? Personne ne le saura ;-))
Ceci étant, ça confirme bien qu'il est pour moi nécessaire de partir devant dans la première longueur pour pouvoir ensuite grimper "correctement" dans une grande voie, comme la veille où
enchaîner du 6a/b équipé light et sans topo ne m'a posé aucun soucis... M'enfin dans l'immédiat il n'en était pas de même et c'est donc Nico qui fit le guide... et finalement jusqu'en haut!!
Ainsi les longueurs se sont enchaînées, plus impressionnantes les unes que les autres avec un gaz toujours croissant... Le summum fut la longueur après la grotte : Un toit à traverser, soit en
libre (7c), soit, comme pour nous, en A1. Une avancée de bien 5 mètres au dessus de 200 mètre de vide où il fallait se balancer de cordelette pourris en cordelette pourris... puis finir en libre
par un 7a déversant pour aller gagner le relais ! Heureusement Guillaume était là pour me faire la courte échelle afin de gagner le premier point puis quel délire de se retrouver là, à
pendouiller au dessus du vide!!! Fabuleux!! Rajoutez à cela les échos de l'orage grondant, ça vous donne une ambiance du tonnerre !! Sans mauvais jeu de mot ;-). D'ailleurs quelques gouttes
eurent la bonne idée de passer pendant qu'on était encore à l'abri et c'est complètement enjoué (ça dope l'adrénaline !) qu'on s'est retrouvé tous les trois au dernier relais.
Une longueur et une averse plus tard (fallait bien terminer en beauté ;-)) on avait fini la voie. On avait beau être fatigué, c'était tellement énorme qu'on était encore plus motivés qu'au
départ... c'est dire comme on s'est régalé !!!
Pliage de corde en 2 - 2 étant donné le temps "humidifiant" et retour au pied de la voie pas plus long par le bon éboulis du Grand Couloir Est, sauf pour Nico qui n'avais pas pris ses chaussures
afin de grimper light au max. Heureusement le gentil Guillaume aux cuissots d'acier lui écourta le supplice en lui ramenant ses claqués. C'est beau la solidarité tout de même ;-))
Une longue pause au pied de la voie, une pause dans la forêt, un canon à la buvette d'Archiane... ou comment profiter des choses simples comme partager de bons moments après une belle voie.
Finalement c'est vraiment ça que j'aime en montagne : le plaisir de faire de belles choses mais surtout de partager simplement ces petits bouts de vies intenses avec des gens que l'on apprécie.
Commentaires