Et oui, sans vouloir me vanter, je crois qu'en ce moment je deviens vraiment la reine du but... J'en ai toujours pris mais y'a des périodes, comme ça, où la fréquence augmente considérablement... Enfin bon y'a que ce qui ne font rien qui n'en prennes pas me direz vous!!
Hier dimanche, RDV à 13H30 à l'embranchement de La Bérarde avec Damien histoire d'aller se faire une dernière session grimpe de l'année en Oisans avant l'arrivée du froid. On avait bien hésité avec une goulotte à Cham mais vu le nombre de courses recemment rentrées sur le net, on s'est dit que ça allait être surpeuplé et qu'on serait beaucoup plus tranquille dans nos magnifiques contrées reculées...
Bref, à 14h et quelques, on décolle de la voiture direction LA MEIJE!!!! Et oui, tant qu'a faire d'aller faire du rocher en Oisans, autant que ça en vale la peine! Puis surtout, ça fait un moment que je grimpe plus, et Damien encore moins, alors il falait un itinéraire où "nos acquis" nous suffisent pour passer tout en se faisant plaisir car toutes façons, avec les températures et la durée du jours actuelles, l'objectif n'était pas à la performance. On avait donc choisi d'aller prendre un bain de soleil dans la si mythique "voie des Marseillais" au petit doigt du glacier carré. Effectivement météo-france avait prévu "grand beau" avec un isotherme 0 à 4200 ce qui pouvait laisser présager une bonne séance de rayon UV.
Malheureusement dès le départ de la voiture, je fut surprise de na pas avoir plus chaud que ça. Habituellement avec un bon gros sac sur le dos je fais facilement mes approches en short débardeur. Là je suis plutôt en pantalon t-shirt, avec même la petite laine par moment.... On avance doucement mais surement en papotant jusqu'au fameux virage ou la reine découvre normalement sa superbe face sud (&#%@ j'commence vraiment à le connaître par coeur ce chemin!!). Sauf que là, la face sud n'est visible que sur une petite moitié inferieure. Ce qui est bien visible par contre, ce sont des gros névés recouvrant toutes les vires, voir même plus, et surtout de grosses trainées noires, synonymes de rochers mouillés, du à l'eau qu'ils libèrent... De plus le vent se lève et il commence à faire sacrément froid...
"Bon, continuons, toutes façons on verra bien là-haut..."
Le doute commence à s'installer dans nos esprits mais on continue malgrés tout, faisant semblant de ne pas le voir.
On continue donc et arrivés au Chatelleret Damien veut s'arrêter manger un bout (c'est fou comme ça arrête jamais de manger un mec!!). Je lui dit que je vais continuer doucement pendant ce temps histoire de ne pas me refroidir. Mais quand je vois la hauteur du plafond nuageux, qui maintenant laisse à peine apercevoir l'attaque de la voie, je commence sèrieusement à douter. Je "pause" donc avec Damien au Chatelleret, histoire de profiter des derniers rayons de soleil qui vont bientôt disparaitres derrière l'épaisse masse nuageuse descendant de la Meije et qui commence à gagner tout le vallon...
Quelques minutes plus tard on ne voit plus gère que le promontoire et les nuages. Le vent est fort et il fait maintenant réellement froid. On sent même un peu de bruine et il semble bien neiger sur la Gandolière et les sommets alentours... Là il est tant de prendre une décision: "On y va? Ou pas?"
Moi sincèrement je me suis tellement caillée il y a 2 semaines aux Tours du Queyrellin que j'ai pas encore assez "les crocs" pour avoir envie d'y aller pour passer une journée de misère. Seulement ça me fais aussi bien chier d'être là et de renoncer alors que rien ne nous empêche réellement de faire la voie, si ce n'est notre manque de courage. Tout va dépendre de Damien maintenant, mais Damien ne semble vraiment pas plus motivé que moi...
Après maintes discussions, on aboutit à la conclusion que cette voie est si facile à faire un belle après-midi d'été, complétant ainsi idéalement une montée matinale au refuge du promontoire et en attendant une belle course d'ampleur le lendemain, qu'il serait presque "dommage" de la gacher en "se forçant" à passer une journer à lutter contre le froid, juste pour cocher sans finalement profiter de la voie comme il se doit...
Aller, ça suffit de tourner en rond, tant pis, on va pas aller se cailler là-haut, on reviendra l'été prochain! Basta!
Aussitôt la décision prise, on était je crois tout les deux soulagés car on mesurait bien l'ampleur de la caillante qui nous attendait...
C'est finalement plus tard, en revenant chez moi le soir, que la décision fut difficile à digérer. Météo-france étalant de beaux soleils bien brillants sur toute sa carte pour la journée du lendemain, je regrettais mon choix et je m'en voulais d'avoir était aussi peu courgeuse, voir complètement lâche et démotivée...
Remise en cause de ma pratique de l'alpinisme puis de moi même et maintes questionnements ponctuèrent bien désagréablement ma soirée en ésperant au fond de moi que je ne me lèverais pas avec un grand beau temps ensoleillée le lendemain qui aurait eu raison de moi... Et heureusement, HEUREUSEMENT, à mon levé ce matin, de bons gros nuages bien épais, pas menaçant mais trés largement suffisament épais pour qu'on se soit bien caillés si on s'était entêtés à aller faire joujou là-haut, et donc qu'on ai pas à regretter notre choix, ponctuaient tous les sommets autour de Grenoble : Belledonne, Chartreuse, Vercors, rien n'y échappait! Trop cool! On a sacrément bien fait de faire demi-tour car il faut bien se rendre à l'évidence, on se serait caillés là-haut et en ce moment y'a bien d'autres choses à faire que miserer dans une voie dont on pourra profiter 100 fois plus lors d'une belle journée d'été...
(Petit traité de littérature à 2 balles d'une butteuse qui essai de se dédouanner en faisant passer sa lacheté pour... euuuu... du bon - sens ? Ou n'importe quelle autre excuse bidon!?! ;-) ;-))





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