Et oui, désolée de ne pas avoir fini le récit comme promis mais malheureusement n'ayant qu'une semaine, moins les 37h75 de travail à
(et oui j'ai trouvé du boulot!), pour rédiger mon mémoire de recherche de DESS, je crois que mon blog, (comme la montagne, bouuuuUUUU), va devoir attendre un peu...
Désolé...
Ensuite il me reste la soutenance (lundi 25) puis après c'est promis je serai de retour, et en montagne, et sur mon blog (mais avant je fête ça comme il se doit! La fin des études + son premier job, ça mérite bien une bonne bringue! Même si, comme tout le monde le sait, ce n'est pas dans mes habitudes ces choses là ;-) ;-) )
Mais heureusement François est là. C'est ça l'esprit de cordée, lorsqu'un fatigue, l'autre prend la relève!
cf. http://meije.over-blog.com/article-3807566.html
et pour info une vidéo bien interessante sur le MAM trouvée par François sur le net :
aller hop, du viagra pour François ! ;-) ;-) ;-)
Traversée Sud->Nord des Ecrins
Ou
Comment François a baptisé la Barre
Le 10 septembre 2006 avec François (forcement)
Début: cf. article précédent.
Retour rapide à la caisse, on rejoint la cascade suivante où l’on dépose la bête, euuuu, le L je voulais dire (décidement !!) avant de prendre la route de La Bérarde et la direction du refuge de Temple Ecrins où nous arriverons pile poil à l’heure de l’apéro après être passé prévenir les CRS qu’on partait dans la face sud de la barre histoire de se rassurer un peu, au cas où quoi…
Take the apéro!?!
S’ensuit une soirée en refuge des plus banales, une nuit sans dormir des plus courantes en montagne et un petit dèj la tête dans le @ »# des plus communs avant de prendre la direction du col des avalanches à 3h30 du matin. Evidemment à peine sortis du refuge qu’on perd le sentier. On monte donc « à vue », si l’on puis dire étant donné qu’il fait nuit ;-) ;-), mais la lune est si pleine et lumineuse qu’on se passe même des frontales et c’est dans cette ambiance magique qu’on gagne progressivement les abords du col des avalanches et des cônes de neige bordant la face sud ouest des Ecrins (on se serre quand même bien des frontales pour zyeuter le fond des crevasses et choisir ainsi les ponds de neige qu’on traversera, ou pas justement).
Apres beaucoup de questionnements et d’hésitations, on tranche pour le cône au dessus de nous. Ca parait être le second cône depuis le col des avalanches, et le plus haut de la face, comme le dit le topo. Mais c’est tellement sec que ça ne ressemble pas vraiment à un cône, on a du mal à reconnaître les schémas et photos…
Bref on va pas passer la journée là, on se décide donc à monter en haut du cône pour aller voir de plus prêt. Une fois au pied du couloir qui part du cône, François me dit qu’il lui semble reconnaître la vire là-bas au dessus à droite. Le problème c’est pour accéder à cette vire. Le topo annonce un couloir puis une dalle à droite en III qui mène à cette fameuse vire, sauf que nous, on a face à nous un couloir tout lisse, terreux et mouillé et une belle dalle bien grasse… François, qui a pris le matos, part devant. A peine a-t-il fait quelques mètres qu’il galère comme un malade et se retrouve finalement bloqué. Il s’y reprend une fois, deux fois, trois fois mais n’arrive pas à passer. Quelle galère ! Pourtant je suis de plus en plus convaincue que c’est bien là. Habituellement le cône de neige recouvre cette partie lissée par le glacier mais là, en fin de saison, c’est tellement sec qu’on n’a pas le choix, il faut passer cette roture (c’est bien ça une roture non ???) toute lissée et c’est la misère!! Au bout d’un sacré long moment, François fini par sortir son piolet afin de le coincer dans la fissure terreuse pour se faire une prise. Par un pied main ressemblant plus a un numéro d’équilibriste qu’à de l’escalade, il finit par se dresser sur son piolet afin de placer un friend dans une petite fissure au dessus de lui. Ouf, il à enfin clippé sa corde, il est protégé, est moi je suis morte de froid maintenant que je suis bien refroidi et peu habillée car je croyais qu’on aller directement partir corde tendu et cavaler dans le III annoncé, ben c’est raté on dirait…
Il commence à traverser à droite. Apparemment la dalle lisse avec les grosses mouillée et pleines de terre, ça ne semble pas évident. Il galère un peu mais finalement passe pas si mal et rejoint rapidement un piton. « Woua il bouge ! Bon je clippe quand même mais fais gaffe ! ». Information enregistrée, je ne bourrinerais pas dessus. La cordée qui nous suivait à l’approche m’a rejoint entre temps, et je crois bien qu’eux aussi on entendu. Tant mieux il seront aussi prévenus. Arrivé sur la terrasse François fait relais et me fait venir. A mon tour je misère comme une malade dans cette fissure. Pied main sur le piolet, je déclippe et récupère le friend. Maintenant j’ai plus le droit de me la coller sous peine de prendre un méga vol en traversée car apparemment le piton ne me retiendra pas. Apres m’être lamentablement vautrée dans la bouillasse, genre un beau plat ventre étalée de tout mon long pendu par les bras, j’attrape malgré tout précautionneusement le piton afin de m’équilibrer sur cette dalle pourri. Mieux vaut tenir gentiment ce fichu piton et passer « tout en douceur » que ne pas le toucher et prendre le risque de baaaser et tout arracher. Finalement je ne m’en sors pas si mal et fini par rejoindre François. Au moins je suis réchauffée. Je me paye même une bonne onglée… La journée commence bien !!
Le premier de la cordée de trois me suis de prêt. Je ne sais pas comment il fait mais il ne galère pas autant que nous pour passer ce pas merdique. Par contre il n’en va pas de même pour ses seconds. Entre temps on a pu apercevoir la troisième et dernière cordée arriver elle aussi à l’attaque. Nous on est parti. François fait quelques anneaux et on part à corde tendue en reversant à chaque fois qu’on a épuisé nos 2 friends, 2 dégaines et 4 sangles (matos préconisé par Minelli pour cette course). Je trouve l’itinéraire assez évident. Il suit les lignes de faiblesse. Quand je doute je demande à François qui à déjà fait la voie. On galère pas, on se paume pas. Je tombe même direct sur les câbles alors qu’ils avaient fait un petit détour 5 ans auparavant. Bref ça déroule ça avance, si ça continu comme ça on ne sera pas tard au sommet. Tant mieux la descente est longue.
Je rejoins François...
...je récupère le matos...
...puis je passe devant
J'ai trouvé les câbles!!
Mais ils me paraissent
moyens... j'crois qu'je vais éviter de m'en servir!
Zoom sur le Coolidge et la voie Bonatti (neige puis mixte en haut) que j'ai faite au printemps avec Damien : http://meije.over-blog.com/article-2925534.html
Le Fifre, le Coolidge, l'Ailefroide veillent sur nous...
Lorsqu’on atteint les pentes de neige de la partie supérieure, on voit l’hélico de la sécurité civile tournicoter au pied de la face. Tient, les CRS viendraient-ils nous faire un petit coucou où y a-t-il eu un carton en dessous.
Je demande alors à François :
«
- T’as pas entendu un cri bizarre tout à l’heure ?
- Si…
- Ouai moi aussi, ça ressemblait pas trop aux cris habituels « d’entente » entre compagnons de cordées mais bon… J’espère qu’on ne leur à pas envoyé des pierres !! »
- Toutes façons on a fait gaffe, on ne pouvait pas faire mieux. Puis si ils s’engagent avec des cordées devant ils savent les risques qu’ils prennent. Puis l’itinéraire traverse beaucoup, il y a peu de chance qu’une pierre que nous ayons fait partir leur atterrisse dessus. Surtout au départ. Aller t’inquiète pas, continuons…. »
On atteind rapidement les pentes de neige dans la partie supérieure. On chausse les crampons et commence à monter. Une première rafale de pierre nous siffle aux oreilles. François me cri de faire attention aux pierres. J’ai envi de me faire toute petite mais je ne peux pas. Je ne peux pas courir au loin nous plus. J’ai envi de baisser la tête et attendre que ça passe mais « il faut regarder les pierres venir pour pouvoir les éviter ! ». Je m’efforce donc de lever la tête. Accrochée de toute mes forces à mon piolet histoire que si l’une d’elles m’atteind elle ne me fasse pas basculer dans le vide. La rafale passe. On reprend l’ascension. La glace molle devient glace noir et il est de plus en plus difficile de planter crampons et piolets. On fini par faire du pointe avant et je m’arrache la main à chaque coup de piolet (je n’ai qu’un petit piolet marteau rouge de grivel qui n’a vraiment rien d’un traction…). Quelques secondes ?? minutes ?? plus tard, rebelote, une nouvelle rafale de pierre nous arrive dessus. Idem je m’efforce de lever la tête, de faire face à ces pierres assassines, le piolet crispé entre les mains... « Putain elle vient sur nous ! Elle vient sur nous ! » François me prévient et moi je sers ce putain de piolet, je sers…
Finalement une pierre vient s’écraser sur le pied de François et me rebondi dans le nez. J’ai mal mais ça va, je suis là, François aussi, et finalement la douleur diminue très vite. Une écorchure, rien de plus, mais c’est assez pour moi, faut qu’on sorte de là !
« -Putain on se casse ! Evidement on ira moins vite par le rocher mais là, en pointe avant sur cette glace dure et sous les rafales de pierres… non je peux pas !
-Pas de soucis, moi aussi ça me gave, on se casse ! »
On traverse donc rapidement vers la rive gauche du couloir et on quitte les crampons pour reprendre la grimpe. Le rocher est pourri mais au moins on est à l’abri (ou presque) des chutes de pierre. C’est donc finalement par cette « variante rocheuse » que l’on gagnera l’arête sommitale de la Barre des Ecrins en débouchant à seulement quelques mètres du sommet…
Trop classe la photo (normal c'est moi qui l'ai prise ;-)), François sur fond de faces nord du glacier noir, on dirait pas qu'il vient de gerber!!!
[ - Grrrss…. Grsss grrr..
- Euh, ça marche déjà là ?
– ouais…
- ah merde, euh bon.. One, two , One two. Ok… Yo, Yo, MC Gouy au maillecro/ C’est plus Praly mais c’est pas moins fourni/Enfin j’crois bien qu’vous m’avez pas suivi/ Trêves de con’ries, place à la teu-sui du récit ! ]
Nous sommes au sommet, il est presque 11h. Les derniers mètres avant l’arête, pas faciles et incertains, la beauté du lieu, revenir à mon premier 4000 (par la même voie !), le sommet des Ecrins et puis avec Rachel, j’en suis tout émoustillé. 9a ne remplace pas notre rendez-vous maintes fois manqué avec la meije, mais c’est un moment de bonheur qui ne se rechigne pas.
Je ne sais pas si ça a commencé à partir du moment où j’ai ingurgité ce qui devait être un savoureux saucisson aux cèpes, mais ce qui n’était un gentil et pas trop fort mal de tronche habituel des jours où je ne suis pas bien acclimaté c’est transformé en un pas bien du tout général avec l’option big bang niveau « mal au cœur ». A peine le temps de dire à Rachel qu’il serait fort à propos de ne point trainasser dans le quartier qu’un grand « Beeeuuuuuuuaaaahhhhhhhh » suivit de quelques répliques résonna dans l’immense vide Haut Dauphinois. Je baptisais donc ce sommet (une énième fois probablement) d’une jolie crêpe, ma première galette d’altitude ! Il est à noter que le sort voulu que j’observe les faces nord du glacier noir quand la salve surgit, ce qui ne fut pas pour déplaire à Rachel qui échappa de ce fait au désastre…
Déchargé d’une charge pesante, mais affublé d’un embargo sur becotteries, je me sens tout de même mieux. Allez hop, baaaaaaaaaaase, cassos. On raccourci l’encordement et on s’engage sur la ludique arête ouest de la barre avec l’intention de ne pas y traîner… ou pas, puisque le sympathique guide croisé à notre arrivée au sommet accompagnait aussi deux cordées autonomes. Une aimable mais bonne rampante qui tombe au plus mal, d’autant, que ce petit coup de moins bien ne m’a pas retiré mes nouveaux pieds de chamois fraîchement acquis customisés « proba »… Quelques pirouettes funambulesques et une bonne demi-heure plus tard, nous dépassons à notre grand soulagement et à la presque fin de l’arête (wouha, deux zeugmas dans une même phrase !) le peloton de tête. Deux rappels plus loin, nous prenons pied sur la neige ferme (ou pas !) et entamons la descente. La neige est bonne mais pour ma part, après avoir rendu tout ce que j’ai avalé depuis le matin, le jambonneau ne répond plus aussi allègrement qu’à l’habitude. Rachel, devant, fougue et intransigeance de la jeunesse en bandoulière, est plus en forme et râle (comme toujours? ;-) car la corde est soit trop tendue soit pas assez (comme toujours !) et puis aussi que ça ne va pas aussi vite qu’elle voudrait (cela ne va pas non plus très doucement !). Ca me rappelle quelqu’un y’a quelques temps, tiens ;-) Mais bon, je fini par lui expliquer que je n’irai pas plus vite aujourd’hui car une cheville ou un genou « ça arrive vite » quand on est pas en forme. La tension diminue... enfin je crois.
"Hey chérie, bouge pas! Je te prends en photos!"
ou
comment tuer sa femme en 1 leçon d'apres F. Gouy
François devant le Dôme des Ecrins
Bientôt les petits points sur le plat du glacier deviennent des tentes puis même des gens devant. Ceux-là sont montés par le col des Ecrins hier avec tout leur barda, les courageux. Rachel, au passage, échange 2-3 mots que je n’écouterai pas, en dialogue intime avec mon coletard même si la remontée en pente douce de 50m pour aller au col n’est pas si terrible que prevue.
Rachel n’est jamais allée dans le vallon de Bonne Pierre. On va y rentrer par la porte de derrière : le col des écrins. Vite, au col, nous essayons de ne point traîner et affublés de nos longes « anti-dynamiques » nous parcourons la voie câblée du col. Même si nous n’avions déjà pas vraiment respecté l’horaire de descente du topo jusqu’au col des Ecrins, c’est la seconde partie qui, à partir de son pied qui nous a fait comprendre définitivement que nous ne serions pas dans les clous : le gentil névé du mois de juin n’est plus et fait place à un pas pire pierrier suspendu dès la fin des câbles, suivi d’un pente de glace vive pas tant plate, truffée de caillasses et surtout débouchant sur un immonde et immense anarchique pierrier s’étirant jusqu'à la moraine sur près d’un kilomètre… Bref, ce qui n’est au printemps qu’une agréable ramasse de 10min, sent la ramante innommable. Après avoir descendu la pente glacière sous le tir amical et constant des crêtes dominantes (un gros éboulement a eu lieu quelques jours avant) nous soufflons un peu. Mais la délivrance ne sera pas pour tout de suite : la nature du terrain ne nous permettant pas de chausser avant la moraine nos baskés et autres claqués… Une bonne crapahute plus tard, nous prenons pied tant bien que mal sur la moraine en l’attaquant lâchement par le flanc mais elle nous le rendit bien avec toute sa science des terrains instables et merdiques. C’est qu’on aurait même fini par sortir la corde un peu de plus ! ;-).
Super hyper concentrés pour arriver à se prendre avec le Col des Ecrins derrière... mais on voit pas la descente!!!
Voilà là c'est mieux!
Le vallon de Bonnepierre, une seule chose à dire : putain que c'est beauuuuuuu!!!!!!!
Paroi Rouge de Belliou Tafonissimo le 9 septembre 2006 avec François et Romain le L
Encore une fois la météo a fait des siennes et nous n’avons pu faire le beau voyage au sommet de la reine & co qu’on avait prévu…
Bref, orages au programme, on avait pas envi de s’engager dans quelque chose d’expo et de risquer le but, ou pire, la guerre des étoiles version rayon laser foudroyants… Ce fut donc par quelques binouzes que commença le we suivi d’une bonne nuit dans mon lit avant un lever tardif et un rally en C15 mobile pour rallier le point de RDV de la dream team de la journée.
Dream team ou nimp team, comme vous voudrez…
C’est vers 11h qu’on charge la bête dans le coffre, euuuuu, non pardon, le L je voulais dire ;-) ;-) et qu’on se dirige au pied de la cascade de Belliou. Un morceau de picodon avalé, histoire de se donner la pêche, et on monte rapidement au pied de la voie malgré un faux nimp’ plantage approche du gouyde suivi d’un vrai nimp’ plantage du L BE. Décidemment je suis bien encadrée…
François part dans la première longueur, juste le temps pour moi de retourner chercher mes chaussons oubliés à la voiture (et oui faut bien que je fasse ma nimperie du jour moi aussi…), puis la seconde longueur sera pour moi. Grand moment. Je vais voir si mon non entraînement de ces dernières semaines est efficace. Ben non : je sors à vue et sans misérer. Trop cool !! Puis au tour du L de se payer la troisième, et jolie, longueur, mais qui lui paye un peu plus ses 2 mois de non entraînement, ou son manque d’acuité visuelle, au choix ;-)… Enfin le gouyde se fait plais’ dans la dernière longueur avec un nimp’ récupérage et dépenaillage de paires pour pouvoir arriver en haut, avant de commencer la nimp’ descente vrillage et dévrillage de corde sur demi-cab du L qui assume gentiment ma deuxième nimperie du jour : un départ « à poil », sans descendeur bien sur… Bref, un beau palmares de concentré de nimperies nous permettant de sauver l’honneur de la dream team du nimpeur & co.
Retour rapide à la caisse, on rejoint la cascade suivante où l’on dépose la bête, euuuu, le L je voulais dire (décidement !!) avant de prendre la route de La Bérarde et la direction du refuge de Temple Ecrins où nous arriverons pile poil à l’heure de l’apéro après être passé prévenir les CRS qu’on partait dans la face sud de la barre histoire de se rassurer un peu, au cas où quoi…
suite cf. article suivant :-))
bientôt une ou deux photos, et même pas de la voie :-))
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