Une grande face sauvage, du beau rocher, du gaz, de la solitude... rien de plus pour m'attirer deux fois en deux semaine... deux grandes voies superbes, un ressourcement inégalable. Je ne le
dirais jamais assez: mon dieu que la montagne est belle!
Tête du Rouget
Voie "le trésor de Rackam le Rouget" avec Cyrille le 23 juin 2006
Voie "Directe 76" avec Guillaume le 30 juin 2006
Rackam le Rouget
Le 23, RDV à 7h15 au croisement pour la Bérarde avec Cyrille qui vient de Briançon. 8h15 on décolle de la voiture garée au niveau du couloir N de la grande aiguille de La
Bérarde direction la tête du rouget. et que vogue la galère....
3h45 plus tard, multiples fourvoyages, escalades sauvages dans les barres, traversées galères, douches sous cascades, éboulis éboulés, névés durs et taillages de marche plus tard, on était au
pieds de la face.... il est 12h et on a pas commencé l'escalade, va falloir se booster. Le socle est galère. Ok c'est du III mais dalleux et tout mouillé. Puis les vires sont enneigées, on
enfonce les chaussons jusqu'au genoux... mais pas le temps, faut se bouger. Ah, ça y est je vois les premiers spits. Cool c'est par là! Aller je suis motivée je pars devant. Non non pas besoin
des coinceurs y'a des spits... euuuuuu enfinnn euuuuu bon ben trop tard je vais pas redescendre chercher les coinceurs mais le dernier spits derrière mois est déjà à une dizine de mètres... Tant
pis faut juste serrer les fesses, ça va passer, c'est que du V+... Puis les longueurs s'enchainent, 6b, 6b, un petit pas de 6c qui me donne bien du tourmant, puis ça se clame, V+/6a... Pffff que
je trouve les pas dur. Je crois que l'approche m'a quand même bien entamée... Le plus gros taquet que je me met c'esrt dans la dernière longueur en IV+ toute mouillée, dalleuse avec un spit tous
les x mètres. Avec la fatigue je crispe les prises pour rien, ptain j'vais pas zipper dans ces cannelures de diou, du calme Rachel!
Descente en 2/2 en rappel, je passe devant des longueurs que je crois découvrir, et pourtant j'en ai fait plus de la moitié en tête... J'dois vraiment pas être en forme. Corde qui vrille qui
s'accroche dasn les névés, galère pour trouver les rappels pour descendre le socle, ouf on arrive enfin à nouveau au pied de la face ou l'on récupère les bâtons et hop c'est parti pour la
descente. Arrivé à la traversée, Cyrille se rend compte qu'il n'a plus son brin de corde qu'il avait attaché sur son sac. Voyant le jour baisser et n'ayant pas de frontale, je continu doucement à
descendre histoire de ne pas se retrouver coincer dans les barres à la nuit...
Comme une galère n'arrive jamais seule, je me replante à la descente, cours et recours dans les barres, droite gauche, plus haut plus bas, je ne sais plus ou ça passe je cours partout. J'arrive à
21h30 à la voiture, Cyrille n'est toujours pas là. Je me fais bien du soucis pour lui. Même s'il a sa frontale j'espère qu'il va arriver avant la nuit car les barres à la frontales....
22h, la nuit arrive et Cyrille avec. Ouf on est tout les deux là, tout va bien et il a retrouvé sa corde. Y'a plus qu'a se rentrer au bercaille et se sera avec plaisir. Encore une bonne journée
mais malheureusement trop speed pour en avoir profiter à fond. C'est promis je reviendrai, mais cette fois je prévoierai pour pouvoir mieux profiter du moment, du rocher, du cadre...
La directe 76
Chose dite chose faite. Une semaine plus tard je suis en route pour le Soreiller avec Guillaume. Objectif la directe 76.
L'an dernier j'étais montée un we avec Flo. On était parti tôt le matin pensant faire "danse avec le pilier" l'apres midi puis "Rackam le Rouget" le lendemain. Arrivés au pied de l'Orientale du
Soreiller, orage et neige à gogo nous avaient fait faire demi tour pour finalement passer l'apres midi au refuge en charmante compagnie; Y'avais tout d'abord la colloc d'un type avec qui j'étais
en stage au cemagref et son copain; François et Elad, et Guillaume et Phillipe. J'avais déjà croisé Guillaume mi-juillet quand j'étais venu au Soreiller avec l'équipe fille. Je me souviens encore
de son fourvoyage dans la "voie des Savoyards" alors qu'on grimpait dans visite obligatoire à coté ;-).
Ce we là la neige avait eu raison de notre motivation et on avait seulement pu faire la "voie des savoyards" tard le dimanche apres que la face est eu séchée. Il me fallait donc revenir, et
notamment pour aller voir ce fameux Rouget dont tout le monde parlait tant. Ce jour neigeux au refuge Guillaume parlait déjà de ses projet "Directe 76" qui semblait le faire à la fois rêver et à
la fois l'inquiéter. Et les voies qui font briller les yeux comme ça ça donne toujours envi. Bref je passe les retrouvaille internetisques et les énormes coïncidences bringuesques pour finir à
monter au Soreiller avec Guillaume ce jeudi, un sac énorme sur le dos pour aller bivouaquer au Soreiller (Guigui, lui, préfère l'hebergement de sa douce, je peux le comprendre ;-)).
Montée tranquillou et tres bavarde au refuge, puis petit repas sympathique à 0,40cts ;-) avant de foutre un peu le bordel puis d'aller se coucher grondés par la gentille Karine épuisée par des
energumènes comme nous. Je vais donc me coucher sagement dehors sous mon bloc et passe la nuit à regarder ce beau rouget, un coup sous les étoiles, un coup dans les nuages. Demain je serai
là-haut!
6h40, gling gling, les super alpinistes allant faire la ultra engagée "voie des nains" me reveillent en passant devant mon bivouac. Bon ben c'est parti, je me lève, prépare le matos et déjeune
avec Guigui qui m'a rejoint entre temps. A 8h moins 20 on est prêt, on décolle donc du refuge avec 20min d'avance sur le timing, si c'est pas la classe ça!
Une bonne heure plus tard on est au pied du névés qui monte à la brêche. On met les crampons et en 2/2 on est là-haut. On laisse crampons et batons sous un bloc, tappe trois rappels et traverse
la vire. Il est 10h et je suis prête à "attaquer". Et oui, c'est à moi de commencer, on a tiré au sors la veille!
Enrobage de crême solaire le matin à la brêche ou l'entrée du frigo (avant que le soleil n'arrive) dixit Guillaume, avant de descendre en face sud par 3 rappels
La première longueur, commune à Rackam (et donc que j'ai faite une semaine auparavant) passe "comme une lettre à la poste"; "Relais!!!!" Quoi? Déjà? Mais c'est sur que c'est la même que la
semaine dernière? Ben oui! Bon, ben aujourd'hui c'est cool, c'est grande forme!!
Gui gui me rejoint puis enchaine sur une longueur assez longue qui commence par une sympathique traversée puis continue par 2 dièdres assez raides. "Relais!!" Oua mais on va pulvériser le timing
si on continu comme ça! Je le rejoins : Tiens au dessus ça doit être le dièdre en 5c/6a. Je me motive et hop hop, encore une fois ça passe tout seul, "relais!!!".

Moi dans L3, le fameux dièdre V+/6a, des petits pas finosses mais rien d'extrême. Tres beau en tous cas...
Maintenant à Guigui de s'y coller. L'itinéraire au dessus parait toujours assez évident. D'évidence aussi Guigui n'aime pas trop la dalle. Il louvoi un peu mais fini par trouver le bon
itinéraire. Apres une longue traversée "relais"!! All is good, so good! On est tellement bien, c'est tellement beau!!!! A mon tour: tiens un beau dièdre au dessus puis la fameuse section en V
engagée. Je protège bien en mettant une sangle pour doubler le piton et c'est parti. Finalement ça passe tout seul et je me régale même à engager un peu plus alors que j'aurai pu aller protéger
un peu sur le coté... Bon les difficultés sont censées être fini. On grimpe sans trop faire gaffe; Moi toujours fidèle à mes relais sur sangle sur becquet que Guillaume regarde de travers chaque
fois qu'il me rejoint; lui toujours accros au relais béton triangulés parfaitement (mais moi je sais que c'est surtout pour le plaisir d'utiliser ses joli petits friends tous neufs qui brillent
encore ;-)).
Quelque part dans le haut de la voie...
A un moment je le rejoint et il me dit géné: "euuuu j'crois que je me suis un peu planté; ça doit ête là bas à droite". Sauf que moi la traversée je la sens pas du tout. Du coup je pars tout
droit au dessus. Y'a de beaux surplombs et le rocher ne semble pas bien bon mais on verra bien. Je rejoins vite une sangle équipée d'un maillon rapide. Oups, qu'est ce que je fais??? Ba pas envi
de redescendre, traverser, remonter... Je vais tenter on verra bien. Je suis bien au taquet car les protections sont durs à poser dans ce rocher foireux mais j'arrive à mettre 1 ou 2 petits
friends (apres, qu'ils soient bien mis est une autre histoire, là faut demander à Guigui, mais au moins mon moral va mieux :-)) puis je passe les surplombs. S'ensuit une portion bien dalleuse,
facile mais pas protégeable, je sers les fesses et continue...; Ouf j'arrive juste dans une zone beaucoup plus facile quand Guigui cri "bou de corde". Une bon becquet, un friend (pour faire
plaisir à Guigui) et je le fais venir. "Mais je reconnais là! C'est la voie des plaques, la voie de descente!" qu'il me dit lorsqu'il me rejoint. Yes, on est tout bon! Par quelques, environs, 70m
de corde tendu on arrive au sommet... Ouf je suis bien contente car finalement je commencait à être bien fatiguée... Y'a plus qu'à descendre! Un peu de desescalade, 3 rapels puis à nouveau
desescalade, on récupère les affaires laissées le matin et on prends la direction du refuge.
A la descente en bas du névé au pied de la brêche d'où l'on vient.
18h Karine nous attends sur la terrasse. Le temps de faire mon sac et je leur dit aurevoir. Guillaume reste là pour grimper le lendemain et moi je prends la descente pour retrouver la ville... et
oui y'en a qui travail le we!! Enfin cette voie restera un excellent souvenir. Une des plus jolies grandes voies terrain d'av que j'ai eu l'occasion de faire. Dans une face superbe et sauvage...
En prime un panormama sublime sur les Ecrins et la face sud de la Meije au sommet. Si ça c'est pas le bonheur....
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