Mardi 8 mai 2007

 

Archiane
Voie du Levant
Le 7 mai 2007 avec François

 

Départ tranquilou à 9h passés d'Archiane, on attaquera la voie vers 10h30, immédiatement suivis par une sympathique cordée de gendarmes du PG de Cham en entraînement (ah ils l'ont belle!). Je commence la voie par un dièdre en V. Quelques pitons traînent ça et là mais le premier est déjà bien haut... Ayant seulement pris un petit jeu de 5 câblés et un friend, ce n’est pas évident de se protéger, et pourtant le rocher est fortement douteux. Surtout que même si avant je me régalais à cavaler 10 mètres au dessus de vieux pitons rouillés, j'ai maintenant bien assimilé qu'ils étaient loin d'être indestructibles et je suis donc d’autant plus prudente…


L'excellent topo de Christophe Heydel, choppé sur C2C, me permet de rentabiliser les manips en sautant le premier relais pour aller directement me loger dans une niche 45 mètres plus haut. Je fais venir François qui poursuit aussitôt par une longueur d'escalade "semi-interieur" en III puis une sortie dalleuse en V qui lui donnera quelques sueurs : dur dur la reprise ! J'enchaîne ensuite sur une jolie traversée en V+ puis 6a toujours en dalle, qui d'ailleurs donnera à nouveau quelques coups de sang à François, malgré qu'il soit en second et bien assuré !! (car, une fois n'est pas coutume, j'ai assuré sur la gestion de la corde à double en pensant à mon second, gentille fifille que je suis ;-) ;-).


Un court dièdre aérien en V+ plus tard, François fait relais pour me faire venir afin de traverser la vire sans qu'il n’ait de tirage. Puis je repars dans la longueur suivante en 6a (ou V+/A0) qui passe un bombé pour venir traverser une grande vire et faire relais à plus de 50 mètres de longueur de corde à l'extrémité droite de la "grotte". De là, François redescendra quelques mètres puis traversera à droite pour gagner un beau mur en V+. Relais. Et je repars au dessus. Après un court passage en 6b+ où je n'hésite pas un instant à utiliser la ferraille comme prise d'escalade, je remonte une jolie fissure en V+ où je m'attarde quelque peu dans l'espoir de récupérer un câblé resté là… Mais voyant François et les gendarmes derrière commençant à subir le froid avec le petit vent qui se lève, je ne m'attarderai pas plus longtemps et tant pis pour le câblé. Snif.


Nous ne nous attardons pas non plus à la vire médiane où il aurait été fort plaisant de pique-niquer en profitant du superbe panorama qui s'offre à nous. Même s’il n'est pas spécialement tard, il n’est pas non plus bien tôt (14h) et la voie est loin d'être fini, même si la seconde partie est à priori moins longue. François trace donc direct dans la longueur en V+ athlétique suivi par du V délité pour faire relais sur un arbre juste en sortie. Il me fait venir afin de, là encore, traverser la partie facile au dessus sans tirage. Je le rejoins donc, traverse le bousier et poursuis sur la longueur suivante qui nous laisse un peu plus perplexe quant à l'itinéraire. L'équipement aussi est plus douteux et c'est à mon tour de me faire quelques bonnes sueurs dans ce grand mur en V+ lorsque je suis assurée uniquement sur un piton branlant (j'pense que j'aurai pu le sortir à la main !!) tout là-bas... J'aurais bien posé quelques points dans la fissouille sur ma gauche mais mes petits câblés ne daignent pas s'y coincer et j'ai posé mon unique camalot après avoir grimpé plusieurs mètres sans protection dans un gros cairn où l'escalade étaient facile, mais les relents de la PA et des conséquences du base en TA bien présents… Ainsi mon mental gazouillant me permettant de me régaler dans les dalles et fissures de la première partie de la voie m’avait soudainement lâché et c’est les jambes jouant de la mandoline que je poursuivi cette longueur en suant…

 Je croise un relais noté Rf (relais facultatif) sur mon topo. N’étant pas une fana des manips de corde je me dit que je vais donc continuer et je poursuis par une escalade semi interne en V+ difficilement protégeable qui ne me laissera pas de répit…

J’avoue que je serai bien soulagée lorsque, enfin, j’arriverai à clipper le relais après que François ait du partir à corde tendu et que je me sois battu avec un tirage monstrueux pour arriver à avancer sans en perdre mon baudrier…

 

Ce petit moment de guerria passé, je suis bien contente que François prenne la relève pour aller en découdre avec ce V+ sur écailles douteuses puis cette traversée en 6a qui, bien que peu difficile, reste fortement impressionnante. Peut être trop d’ailleurs… François n’en finira même pas avec cette longueur de 25 mètres et construira un relais juste après alors qu’il aurait du poursuivre encore une dizaine de mètre au dessus pour trouver le relais en place... Ainsi la longueur d’après, déjà annoncée de 40 mètres en V puis VI dalleux, passe donc à plus de 50 mètres ! Et avec le combat que je viens de mener je n’ai pas envi de recommencer ! Monsieur n’a pas voulu finir sa longueur pour ne pas grimper avec du tirage, ok, mais c’est pas pour ça que je dois en subir les conséquences ! Donc après quelques petits échanges tendus (mettez une excitée impatiente avec un impatient excité, et ça fera des étincelles) sous le regard amusé des gendarmes, il repartira donc finalement devant à la longueur suivante, non sans quelques douces exclamations, mais je pense (j’ai pas osé lui demander de peur de relancer la fureur) qu’il ne le regretta pas car il s’agissait d’une sacrée belle envolée…

 

Vient enfin la dernière longueur pour moi et donc le dernier combat. De l’escalade dalleuse, protégée par des spits, OUF (car je n’aurais rien pu poser dans cette dalle…) mais des spits tous les 8 mètres seulement… S’ensuit une belle fissure qui vient me finir les bras ? Ou plutôt le mental ? Ou certainement les deux !! Je suis donc bien contente lorsqu’une fois la longueur finie je viens faire relais sur un bon arbre pour faire venir François qui ensuite, par moins de 50 mètres de terrain à chamois, viendra en finir avec la voie cette fois ! Ouf !

 

M’enfin en finir avec la voie, ce n’est pas en avoir finit avec la journée ! Effectivement on a laissé le sac au pied ayant prévu de redescendre par les rappels du grand couloir est. Seulement on ne sait pas où sont ces rappels et ayant pour seul indication en tête « rejoindre le grand couloir Est et ses rappels » du topo Duhaut - Ibarra, absolument incomplet, il faut bien le dire, ben on est bien mal barrés !

 

Heureusement après avoir barulé un moment sur une vire, on fini par apercevoir les gendarmes sur une autre vire en face. Probablement mieux renseignés que nous, ils nous indiquent le chemin à suivre et après encore quelques hésitations et détours, dans ce cirque où toutes les vires se ressemblent, on finira par trouver le grand couloir est et ses lugubres rappels…

 

Descente du pierrier efficace, mais pas trop (on est bien fatigués et on tient à nos chevilles), pour regagner le pied de la voie et notre sac. On s’écarte un peu de la falaise afin d’éviter les chutes de pierres et l’on peut enfin se poser histoire de manger un bout tranquillou en profitant des dernièrs rayons de soleil éclairant Archiane, sa forêt luxuriante et ses imposantes falaises, toutes sculptées et aiguisées par le temps et l’érosion…

 

Vive la Drôme !







Pas de photo, par défaut... d'organisation dirons-nous ;-) ;-) (Le photophone de François est cassé et comme il ne m'avait pas prévenu je n'ai pas pris le mien, dommage !), mais pour rattraper cela, peut être que quelques illustrations "faites maisons" suivront bientôt !

par Rachel publié dans : Grimpe à la maison (Drôme)
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Mardi 1 mai 2007
Archiane
Dernier Envol
Le 30 avril 2007 avec Guillaume et Nico




Ou la voie démente !!!



Même si je n'ai pas grimpé depuis un moment, la grande voie de la veille, que dis-je, l'aventure de la veille (c'est pas tout les jours qu'on s'embarque dans une grande voie inconnue, avec un compagnon de cordée pas plus connu, et juste une corde d'attache...) m'a vraiment emballée et motivée à grimper. Parfois il faut savoir laisser faire le destin...

Ainsi je me laisse facilement embarquée dans cette nouvelle "aventure" que me propose Nico : aller faire "Dernier envol" le lendemain à Archiane : 250 mètres d'ED+ avec juste une corde d'attache de 60 mètres (on a pas de rappel !) bien qu'ils soient annoncés des orages... et ce alors que je n'ai pas fait de 6b ou plus depuis 3 mois au moins !! Mais Nico est motivé pour deux, et moi pour 1 et demi au moins, alors avec toute cette motivation on va bien y arriver !

Dans la soirée le destin refait des siennes en nous apportant Guillaume (et sont rappel, ouf c'est déjà ça), lui aussi chaud bouillant pour aller envoyer à Archiane. Si avec toute cette motivation on sort pas.... pas possible, on sortira !




Lundi matin nous voilà donc les 3 compères partis en direction du Grand couloir Est. L'approche est vite avalée, tout en papotant, sans même un fourvoyage ! (ça a bien faillit mais non !). A un moment je leur dit "je pense que l'attaque doit être par là" et il suffit de lever les yeux pour apercevoir les spits... Mais que se passe-t-il? Si ça continue la vierge va apparaître !! ;-) ;-)

On s'équipe donc et la négociation pour le partage des longueurs commence. Bon, déjà c'est sur, c'est Nico qui fera les 2 longueurs "dures". Moi je ferais bien la première longueur et donc la deuxième, question commodité (comme il va falloir changer l'encordement à chaque changement de leader). Guillaume ferait ainsi les 2 autres longueurs "faciles" soit L4 et L6. Ca semble tout bon ! Sauf que Nico avait repéré cette voie en passant devant et en bavant sur cette fameuse première longueur en rocher rouge... Une négociation ardue s'engage donc et finalement, malgré le soutien de Guillaume, je ne pourrais que céder devant  les yeux pétillants de Nico  parlant de cette longueur qui lui fait tant envi depuis si longtemps. Moi s'il ne me l'avait pas proposé, je ne serai pas là à faire cette voie aujourd'hui. Je ne peux donc qu'accepter...

Ainsi Nico part devant et quand je le vois monter sur cette écaille en rocher douteux pour aller clipper le premier point toulao, je me dit que ce n'était peut être pas une si mauvaise idée de lui laisser...
Finalement, même en second, je me ferais bien plaisir . Puis avec la grande traversée au départ premier ou second même combat, donc pas de regrets. Seule la fin est dans l'axe et le devers me tirant sur les bras, j'ai certainement bien fait de ne pas aller me dauber à l'échauffe. En moul' c'est quand même beaucoup plus détendue....

Malheureusement ce que je redoutais arriva. A la seconde longueur quand je voulu partir devant le moral n'y était plus. On était déjà plein gaz et il fallait rejoindre le pilier par un pas très finosse, au niveau du spit mais sans pouvoir le mousquetonner... ambiance ambiance, moral et posage de pieds nécessaire, ce fut la retraite pour moi et c'est finalement Nico qui reparti poser la corde. (M'enfin mes compagnons étaient d'accord pour dire  que le pas  était plus que le 6a+ annoncé. Vérité ou  pure gentillesse ? Personne ne le saura ;-))

Ceci étant, ça confirme bien qu'il est pour moi nécessaire de partir devant dans la première longueur pour pouvoir ensuite grimper "correctement" dans une grande voie, comme la veille où enchaîner du 6a/b équipé light et sans topo ne m'a posé aucun soucis... M'enfin dans l'immédiat il n'en était pas de même et c'est donc Nico qui fit le guide... et finalement jusqu'en haut!!

Ainsi les longueurs se sont enchaînées, plus impressionnantes les unes que les autres avec un gaz toujours croissant... Le summum fut la longueur après la grotte : Un toit à traverser, soit en libre (7c), soit, comme pour nous, en A1. Une avancée de bien 5 mètres au dessus de 200 mètre de vide où il fallait se balancer de cordelette pourris en cordelette pourris... puis finir en libre par un 7a déversant pour aller gagner le relais ! Heureusement Guillaume était là pour me faire la courte échelle afin de gagner le premier point puis quel délire de se retrouver là, à pendouiller au dessus du vide!!! Fabuleux!! Rajoutez à cela les échos de l'orage grondant, ça vous donne une ambiance du tonnerre !! Sans mauvais jeu de mot ;-). D'ailleurs quelques gouttes eurent la bonne idée de passer pendant qu'on était encore à l'abri et c'est complètement enjoué (ça dope l'adrénaline !) qu'on s'est retrouvé tous les trois au dernier relais.

Une longueur et une averse plus tard (fallait bien terminer en beauté ;-)) on avait fini la voie. On avait beau être fatigué, c'était tellement énorme qu'on était encore plus motivés qu'au départ... c'est dire comme on s'est régalé !!!

Pliage de corde en 2 - 2 étant donné le temps "humidifiant" et retour au pied de la voie pas plus long par le bon éboulis du Grand Couloir Est, sauf pour Nico qui n'avais pas pris ses chaussures afin de grimper light au max. Heureusement le gentil Guillaume aux cuissots d'acier lui écourta le supplice en lui ramenant ses claqués. C'est beau la solidarité tout de même ;-))

Une longue pause au pied de la voie, une pause dans la forêt, un canon à la buvette d'Archiane... ou comment profiter des choses simples comme partager de bons moments après une belle voie. Finalement c'est vraiment ça que j'aime en montagne : le plaisir de faire de belles choses mais surtout de partager simplement ces petits bouts de vies intenses avec des gens que l'on apprécie.
par Rachel publié dans : Grimpe à la maison (Drôme)
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