Voie du Levant
Le 7 mai 2007 avec François
Départ tranquilou à 9h passés d'Archiane, on attaquera la voie vers 10h30, immédiatement suivis par une sympathique cordée de gendarmes du PG de Cham en entraînement (ah ils l'ont belle!). Je commence la voie par un dièdre en V. Quelques pitons traînent ça et là mais le premier est déjà bien haut... Ayant seulement pris un petit jeu de 5 câblés et un friend, ce n’est pas évident de se protéger, et pourtant le rocher est fortement douteux. Surtout que même si avant je me régalais à cavaler 10 mètres au dessus de vieux pitons rouillés, j'ai maintenant bien assimilé qu'ils étaient loin d'être indestructibles et je suis donc d’autant plus prudente…
L'excellent topo de Christophe Heydel, choppé sur C2C, me permet de
rentabiliser les manips en sautant le premier relais pour aller directement me loger dans une niche 45 mètres plus haut. Je fais venir François qui poursuit aussitôt par une longueur d'escalade
"semi-interieur" en III puis une sortie dalleuse en V qui lui donnera quelques sueurs : dur dur la reprise ! J'enchaîne ensuite sur une jolie traversée en V+ puis 6a toujours en dalle, qui
d'ailleurs donnera à nouveau quelques coups de sang à François, malgré qu'il soit en second et bien assuré !! (car, une fois n'est pas coutume, j'ai assuré sur la gestion de la corde à
double en pensant à mon second, gentille fifille que je suis ;-) ;-).
Un court dièdre aérien en V+ plus tard, François fait relais pour me faire venir afin de traverser la vire sans qu'il n’ait de tirage. Puis je repars dans la longueur suivante en 6a (ou V+/A0)
qui passe un bombé pour venir traverser une grande vire et faire relais à plus de 50 mètres de longueur de corde à l'extrémité droite de la "grotte". De là, François redescendra quelques mètres
puis traversera à droite pour gagner un beau mur en V+. Relais. Et je repars au dessus. Après un court passage en 6b+ où je n'hésite pas un instant à utiliser la ferraille comme prise d'escalade,
je remonte une jolie fissure en V+ où je m'attarde quelque peu dans l'espoir de récupérer un câblé resté là… Mais voyant François et les gendarmes derrière commençant à subir le froid avec le
petit vent qui se lève, je ne m'attarderai pas plus longtemps et tant pis pour le câblé. Snif.
Nous ne nous attardons pas non plus à la vire médiane où il aurait été fort plaisant de pique-niquer en profitant du superbe panorama qui s'offre à nous. Même s’il n'est pas spécialement tard, il
n’est pas non plus bien tôt (14h) et la voie est loin d'être fini, même si la seconde partie est à priori moins longue. François trace donc direct dans la longueur en V+ athlétique suivi par du V
délité pour faire relais sur un arbre juste en sortie. Il me fait venir afin de, là encore, traverser la partie facile au dessus sans tirage. Je le rejoins donc, traverse le bousier et poursuis
sur la longueur suivante qui nous laisse un peu plus perplexe quant à l'itinéraire. L'équipement aussi est plus douteux et c'est à mon tour de me faire quelques bonnes sueurs dans ce grand mur en
V+ lorsque je suis assurée uniquement sur un piton branlant (j'pense que j'aurai pu le sortir à la main !!) tout là-bas... J'aurais bien posé quelques points dans la fissouille sur ma gauche mais
mes petits câblés ne daignent pas s'y coincer et j'ai posé mon unique camalot après avoir grimpé plusieurs mètres sans protection dans un gros cairn où l'escalade étaient facile, mais les relents
de la PA et des conséquences du base en TA bien présents… Ainsi mon mental gazouillant me permettant de me régaler dans les dalles et fissures de la première partie de la voie m’avait
soudainement lâché et c’est les jambes jouant de la mandoline que je poursuivi cette longueur en suant…
Je croise un relais noté Rf (relais facultatif) sur mon topo. N’étant pas une fana des manips de corde je me dit que je vais donc continuer et je poursuis par une escalade semi interne en V+ difficilement protégeable qui ne me laissera pas de répit…
J’avoue que je serai bien soulagée lorsque, enfin, j’arriverai à clipper le relais après que François ait du partir à corde tendu et que je me sois battu avec un tirage monstrueux pour arriver à avancer sans en perdre mon baudrier…
Ce petit moment de guerria passé, je suis bien contente que François prenne la relève pour aller en découdre avec ce V+ sur écailles douteuses puis cette traversée en 6a qui, bien que peu difficile, reste fortement impressionnante. Peut être trop d’ailleurs… François n’en finira même pas avec cette longueur de 25 mètres et construira un relais juste après alors qu’il aurait du poursuivre encore une dizaine de mètre au dessus pour trouver le relais en place... Ainsi la longueur d’après, déjà annoncée de 40 mètres en V puis VI dalleux, passe donc à plus de 50 mètres ! Et avec le combat que je viens de mener je n’ai pas envi de recommencer ! Monsieur n’a pas voulu finir sa longueur pour ne pas grimper avec du tirage, ok, mais c’est pas pour ça que je dois en subir les conséquences ! Donc après quelques petits échanges tendus (mettez une excitée impatiente avec un impatient excité, et ça fera des étincelles) sous le regard amusé des gendarmes, il repartira donc finalement devant à la longueur suivante, non sans quelques douces exclamations, mais je pense (j’ai pas osé lui demander de peur de relancer la fureur) qu’il ne le regretta pas car il s’agissait d’une sacrée belle envolée…
Vient enfin la dernière longueur pour moi et donc le dernier combat. De l’escalade dalleuse, protégée par des spits, OUF (car je n’aurais rien pu poser dans cette dalle…) mais des spits tous les 8 mètres seulement… S’ensuit une belle fissure qui vient me finir les bras ? Ou plutôt le mental ? Ou certainement les deux !! Je suis donc bien contente lorsqu’une fois la longueur finie je viens faire relais sur un bon arbre pour faire venir François qui ensuite, par moins de 50 mètres de terrain à chamois, viendra en finir avec la voie cette fois ! Ouf !
M’enfin en finir avec la voie, ce n’est pas en avoir finit avec la journée ! Effectivement on a laissé le sac au pied ayant prévu de redescendre par les rappels du grand couloir est. Seulement on ne sait pas où sont ces rappels et ayant pour seul indication en tête « rejoindre le grand couloir Est et ses rappels » du topo Duhaut - Ibarra, absolument incomplet, il faut bien le dire, ben on est bien mal barrés !
Heureusement après avoir barulé un moment sur une vire, on fini par apercevoir les gendarmes sur une autre vire en face. Probablement mieux renseignés que nous, ils nous indiquent le chemin à suivre et après encore quelques hésitations et détours, dans ce cirque où toutes les vires se ressemblent, on finira par trouver le grand couloir est et ses lugubres rappels…
Descente du pierrier efficace, mais pas trop (on est bien fatigués et on tient à nos chevilles), pour regagner le pied de la voie et notre sac. On s’écarte un peu de la falaise afin d’éviter les chutes de pierres et l’on peut enfin se poser histoire de manger un bout tranquillou en profitant des dernièrs rayons de soleil éclairant Archiane, sa forêt luxuriante et ses imposantes falaises, toutes sculptées et aiguisées par le temps et l’érosion…
Vive la Drôme !
Pas de photo, par défaut... d'organisation dirons-nous ;-) ;-) (Le photophone de François est cassé et comme il ne m'avait pas prévenu je n'ai pas pris le mien, dommage !), mais pour rattraper
cela, peut être que quelques illustrations "faites maisons" suivront bientôt !

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