Et oui enfin un retour sur le caillou !
Après un mois à me consacrer uniquement au perfectionnement des méthodes de glandage, alternant au mieux entre farniente en bord de
Drôme, sieste à la piscine et loquage sous la couette les jours de mauvais, j'avoue que je suis bien peu affutée en ce moment, voir
complètement totalement ramollie...
Ainsi començant à ne plus du tout dormir la nuit sous la pression de mes cuisses inexploitées, j'ai enfin dédaigné ressortir les chaussons et le baudar histoire d'aller prendre l'air et de me
remettre un poil de caisson avant de peut être enfin reprendre le chemin des hautes cîmes.
Seb et François passent donc me prendre ce matin direction La Pelle. Comme mère météofrance, en accord avec père Caplain (une fois n'est pas coutume) prévoit des orages dès 14h, le parti est pris
de décoller relativement tôt histoire de ne pas se faire griller le haricot :-))). Moi, comme je suis totalement décallée du fait de mon nouveau travail nocturne, je ne sais si, comme la
nuit précédente j'aurai desespérément imité la chouette toute la nuit, ou si par magie, j'aurai enfin pu réussi à embrasser morphée. Mais, oOoh chance et bonheur ;-) je suis bien reveillée
lorsque mes deux compères arrivent à 8h30 et après un faisage de sac exprèss, on décolle direction La Pelle.
Evidemment, comme tout faisage de sac express digne de ce nom, j'oubli la moitié de mes affaires. Ainsi je pars quasi "à poil" sans matos, aucune sangle ni même un descendeur, sans parler
de bouffe ou même de flotte... J'ai vraiment tout oublié !!
L'approche est violente mais rapide. Je n'avais pas de montre mais je pense qu'il nous a fallu guère plus d'une demi heure pour venir tapper contre le pied de la falaise. Faut dire qu'entre Seb
qui prépare activement le proba et François qui s'entraine pour l'aspi, mes deux comparses sont des plus affutés et la (très) raide pente du Pas de Picourère ne semble pas leur faire le même
effet qu'à moi, qui n'est pas bougé mon popotin depuis plus d'un mois...
Heureusement que la "recherche d'itinéraire" - feinte ou pas (c'est surtout pour m'attendre sans me le montrer je pense ;-)) - les calmes, histoire de laisser passer "le guide local"
devant pour ne pas louper la vire nous menant à l'attaque des voies.
Depuis la veille, même s'il a vite été décidé que nous grimperions à La Pelle, que François à bien envi de visiter après en avoir tant entendu parlé, la question est de savoir par quelle voie
nous irons la gravir. La classiquissime "voie des Parisiens" a été évoqué mais vite oubliée. Moi il ne me dérange pas de la refaire car de toutes façons j'ai déjà fait toutes les voies
"interessantes et abordables" du secteur. Par contre Seb n'ayant fait que celle ci, il préfère aller en visiter une autre, ce qui est fortement compréhensible. Moi je leur conseil "Parfum
d'Opale" que j'avais adorée mais les deux compères se sentant bien affutés tranchent pour la "voie de la résistance". Une voie à la réputation difficile et engagée avec des cotations sèches sur
un rocher mitigé et un équipement espacé... Moi, ayant très très peu grimpé depuis quelques mois (j'ai du faire 8 longueurs de grimpe en un mois et demi !!), je les préviens que je ne pourrais
leur poser la corde. Mais il en faut plus pour les décourager. Surtout que tout engaillardi par leur entrainement prè-ENSAtique, ils ne comptaient absoluement pas sur moi pour les sortir
aujourd'hui.
Seb se souviens bien de l'attaque de la voie des Parisiens et c'est donc sans problème que l'on trouve La Voie de la Résistance, quelques mètres plus loin.
Le départ est rude : Un premier point très haut, du rocher qui sonne creux, un 6a+ indécotable qui saisi "à froid" pendant que le soleil brûle... Seb met un moment à partir.
Faut dire qu'il faut en avoir envi, de tracter sur des écailles douteuses sans avoir pu mousquetonner un seul point et donc risquer de baaaser et sauter la vire... Le reste de la longueur ne
l'enchantera pas plus à priori et enfin arrivés tous trois au relais, la décision de descendre ne tardera pas à être prise aux vues de la suite qui n'a pas l'air d'être en meilleur rocher
et pourtant qui se raidi encore... Un petit rappel plus tard, pas très pratique étant donné que je suis parti à poil et que mes compères n'ont guère plus de matos que moi, nous sommes de retour
au point zéro et il faut à nouveau choisir une voie. Evidemment on a pas de topo (c'est toujours plus pratique de le laisser dans la voiture!) et c'est donc finalement Parfum d'Opale qui
l'emportera sous mes vifs conseils.
On revient donc sur la vire chercher l'attaque de la voie seulement tous les départs se suivent et se ressemblent. Parfum d'opale est normalement l'avant dernière voie du secteur. On part donc
sur l'avant dernière ligne de spits même si on ne trouve le "PO " normalement gravé sur le rocher au pied de la voie... C'est un peu un champ de mines ici alors on se dit que le cailloux où
c'était écrit à lui aussi peut être été victime de la gravité...
La première longueur est une belle envolée sur dalles à silex, comme prévu. Seul l'équipement assez rapproché en début de longueur laisse planer un doute. Je me souviens que Parfum d'opale avait
un équipement pour le moins aéré... Mais l'espacement entre les spits augmente en fin de longueur donc on doit être bon !?! Le doute persiste tout de même dans mon esprit et croît rapidement pour
finalement être confirmé lorsqu'en milieu de deuxième longueur je reconnais un pas "caractéristique" ou j'avais trouvé l'équipement très con lorsque j'avais fait cette voie pour la première fois
il y a deux ans maintenant : C'est dans "un soir d'été avant l'automne" que nous sommes et non dans Parfum d'Opale. Là, je suis assez dégoutée car je me souviens bien que cette voie n'avait rien
de majeur, et bien au contraire, et pour un première visite de La Pelle pour François, et une première voie sportive ici pour Seb, c'est vraiment dommage : ils vont croire que c'est tout pas beau
chez moi !!
Résultat, les longueurs merdiques s'enchaînent. Après 2 grandes longueurs "potables" on passe à la bartasse. Les longueurs courtes, dans du rocher moisi, hypersuréquipées (et n'importe
comment!!) s'enchaînent. Aucun plaisir à grimper... Le seule plaisir que l'on ait est d'être là, ensemble, à rigoler dans un beau cadre et sous une tempèrature des plus agréables (pour moi, car
un peu "chaude" pour les Grenoblois ;-)), c'est déjà pas si mal mais bon, Seb et François sont venu de Grenoble... je suis un peu mal à l'aise... M'enfin le but n'était pas forcément de faire un
truc "majeur" pour quiconque mais plus de se faire les bras pour les deux zozios et de reprendre la grimpe pour moi. Enfin si l'on avait pu joinde l'utile à l'agréable en faisant une belle voie,
on aurait pas été fachés non plus. Tant pis, c'est comme ça, maintenant reste plus qu'à sortir cette bouse pour en finir au plus vite. Euuuuu cette voie je voulais dire ;-).
On ne fera donc pas de vieux os et c'est sans délectation aucune que l'on enquillera les dernières longueurs pour enfin venir profiter du soleil et de la vue à 360 que nous offre ce synclinal
perché au milieu de la Drôme... Mais la faim nous rappel vite à l'ordre et les 2 barres de céréales avalés depuis le matin ne permettent pas de nous rassasier. On prends donc bien vite le chemin
du retour sachant qu'une bouteille de Clairette nous attend au frais quelques centaines de mètres plus bas et que la piscine nous tend les bras... Ma maman aussi nous tend les bras lorsque l'on
rentre à la maison, bras au bout desquels se trouve un beau clafoutis encore tout chaud sortant juste du four... Finalement notre but 15 jours plus tôt à La voie des Parisiens pour cause de
crevage de pneu - météo incertaine et mini motivation (ahhh c'qu'on en trouve des excuse lorsqu'on a pas envi :-) aura été utile puisque les cerises que nous avions ramassées alors, ainsi
savoureusement cuisinées et accompagné d'une boule de glace vanille, le tout arrosé de Clairette fraiche sera un vrai délice qui rattrapera presque la loose totale de la journée niveau grimpe.
Pour finir de me faire pardonner de les avoir entrainé dans cette bouse il suffira d'une petite baignade dans la piscine et je crois que c'est pas bien fachés que François et Seb reprirent la
route de Grenoble, me promettant de revenir pour faire mieux la prochaine fois. Tu m'étonnes !
et merci maman ;-) !!
L'anecdote :
A la descente on croise un bon éboulis.
"Youpi, j'aime bien les éboulis ça descend plus vite !!"
et hop! Je me lance dedans !
Une glissade, deux glissade et haaaaAAAA ! BOUM
Aïe, j'ai mal...

Je ne pu m'assoir plus que sur la fesse gauche durant toute la soirée....
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Addendum
Voici un mail de Bruno Fara que m'a transmis Manu Ibarra, où il donne quelques explications sur l'ouverture de cette voie. Avec son accord je le post ici pour que tous
ceux qui aient pu lire mon récit puissent lire sa réponse !
"
j'ai lu un commentaire de Rachel Praly sur son blog ou visiblement elle
a pas aimé le cailllou dans Un Soir d'été avant l'Automne... (moi non plus d'ailleurs à l'ouverture!)
peux tu si tu as son mail lui transmettre ton commentaire ... lu sur promo grimpe.
Nous attirons l'attention sur le fait que les chutes de pierres sont très faciles à déclencher dans les parties supérieures des
voies : Les Fruits du Soleil et Un Soir Eté avant l'Automne et qu'il est donc plus que recommander ici plus qu'ailleurs de porter un casque dans les voies : Les Fruits du Soleil,
Opium du Peuple, Un Soir Eté avant l'Automne, Parfum d'Opale.
Bonne grimpe.
|
et lui conseiller ma page perso:
http://bfara.free.fr/Accueil/Prealpes/La_Pelle/lapelle_histo1.htm
ou elle verra que les nombreux pitons (en trop ... selon ses dires) sont ceux que j'ai laissé "en tête" justement parceque le
rocher était terrific ... et que à l'ouverture j'ai préféré faire du A1 pour éviter les blocs que je suis ensuite revenu purger par le haut (sans doute pas assez d'ailleurs vu l'éboulement
qui a eu lieu :-))
"
et comme je lui ai répondu :
" J'avoue que je suis très "brute de décoffrage" sur mon blog. J'y mets mes impressions à chaud (souvent le soir même) et c'est vrai que je ne pensais pas qu'autant de "beau monde" (comme toi et Manu par ex) venait le lire...
Bref voilà. J'ai pas été tendre sur ta voie mais en même temps c'est en toute sincérité que j'ai écrit l'article et sans méchanceté aucune.
D'ailleurs voudrais-tu que je rajoute à la suite de mon article les explications que tu viens de me donner par mail ainsi que le lien vers ta page web?
D'ailleurs tu sais, même si je ne l'ai pas trouvée belle je ne veux jeter la pierre a quiconque. L'équipement est un savoir et ne sachant absolument pas
faire moi même (d'ailleurs j'aimerai beaucoup apprendre) et passant mon temps à parcourir des voies que "d'autres ont ouvert pour moi" (même si ça ne me dérangerais pas de grimper uniquement
sur coinceurs), je dit merci à tous les équipeurs dont tu fais parti. Seulement ça ne m'empêche pas non plus d'avoir des avis et de les partager..."
Merci à Bruno Fara pour son acceptation de la critique et son ouverture d'esprit. Plus d'un se serait énervé à la lecture d'un tel article... et j'en
profite pour lui dire merci, comme à tous les ouvreurs, pour toutes les superbes nouvelles voies qu'ils nous offrent. Mais evidemment on est jamais à l'abri d'un raté... ;-)
Les seuls équipeurs à qui je ne dit pas merci, et bien au contraire, sont ceux qui vont spiter les vieilles classiques... D'après moi le terrain de jeu de la grimpe est ancore bien assez
grand pour ne pas venir piétiner celui des autres... Ceci n'est que mon avis et n'engage que moi evidemment.
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